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Du Concret, enfin

Gestion concertée du Littoral

Nous avons rencontré les représentants de la Région

Avons nous amélioré notre connaissance de la Baie ?

Un Rotodévaseur en service en 2005

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Bulletin d'information

 

DSBV Publie un bulletin d'information à l'intention de ses nombreux adhérents (250 environs et des élus des communes de l'estuaire

 

Bulletin N°12 : Décembre 2004

Du Concret, enfin… 

Sa gestation a été difficile, et les débats au sein du comité d’estuaire ont été parfois houleux. Les premières mesures du plan d’urgence pour l’estuaire se profilent enfin. Plus que ça, l’idée d’un entretien régulier de l’estuaire apparaît aujourd’hui comme une évidence pour les décideurs. Même si les réponses techniques restent parfois lacunaires, la diversité des objectifs, qui reprennent entièrement ceux énoncés par DSBV, ainsi que la volonté politique exprimée par le nouveau président de l’IAV M. MAHE semblent de bon augure. Il reste maintenant à passer à la réalisation et au suivi d’objectifs qui aujourd’hui font consensus. A l’automne 2005 l’exploitation par l’IAV du rotodévaseur permettra de passer à l’action pour les objectifs portuaires.

Cependant il ne s’agit là que d’un plan d’urgence et on est en devoir de s’interroger sur les perspectives à moyen et long terme. En janvier 2003 le comité d’estuaire la création d’un conseil scientifique chargé d’améliorer la connaissance des mécanismes hydrodynamiques et sédimentaires de la baie de Vilaine. C’est la seule manière de répondre à la question : ‘’Peut-on agir globalement ou localement de manière durable sur l’estuaire ? ‘’ Faute de réponse il restera à entretenir régulièrement l’estuaire comme on entretient sa pelouse.

Le Pdt de DSBV

E KERDELHUE

 

 

Gestion concertée du Littoral
La Région est à l'écoute

La baie de Vilaine est un territoire où cohabitent des usages complémentaires et parfois en concurrence : pêche, mytiliculture, navigation de plaisance, production d’eau potable, tourisme balnéaire. L’envasement et la déterioration de la qualité des eaux sont la source des conflits et des contraintes d’usage. C’est sur thème que DSBV a su promouvoir la nécessité d’un plan de réhabilitation des usages dépassant ainsi les clivages locaux et catégoriels. Cette idée a trouvé sa formalisation concrète au niveau du SAGE Vilaine par la création du comité d’estuaire.

D’autres espaces littoraux sont engagés dans des tentatives de gestion concertée des littoraux : Contrat de baie, Parc naturels Régionaux, Schéma de Mise en Valeur de la Mer, SAGE maritime sont les outils contractuels utilisés. On parle couramment de mille feuilles administratif tant les règlements en vigueur par leur redondance ou parfois les contradictions contrarient toute volonté d’action. Le Conseil Economique et Social de Bretagne a fait l’analyse sans concession des tentatives de gestion des pays littoraux et a esquissé les pistes pour en améliorer l’efficacité.

Si les premières tentatives de gestion concertée datent de 1970, de nombreux plans de gestion des littoraux sont en germe ou en voie de concrétisation. Réunir autour d’une même table et engager un dialogue constructif avec les divers acteurs d’un pays littoral n’est une chose aisée. Réunir les moyens pour réaliser les objectifs fixés est un défi d’un autre calibre que peu ont pu relever. C’est souvent la déception et le découragement que sont au bout de la démarche. Le contrat de Baie en Rance fait figure d’exception régionale dans la mesure où il allie à la fois une démarche aboutie comprenant une approche scientifique pragmatique, un contrat d’objectif et une réalisation technique ambitieuse.

A la lumière de ce rapport, les atouts et faiblesse de la démarche du comité d’estuaire apparaissent. L’élément moteur est sans nul doute la prise de conscience que nous vivons sur un ‘Pays Maritime’ qui, au-delà des frontières administratives terrestres, constitue non seulement un espace économique mais aussi un élément fort de notre identité. Le consensus sur les objectifs à atteindre pour réhabiliter la baie de Vilaine est aussi une force. L’idée du financement à partir de la ressource ‘’ eau potable’’ semble faire son chemin et la volonté d’action affichée par le Président du comité d’estuaire est de bon augure. Par contre le manque de visibilité scientifique ne permet dessiner un horizon pour l’action durable à accomplir. Feu de paille ou amélioration durable de la baie, bien malin celui qui est capable de prédire le résultat de la démarche... 

E. KERDELHUE

 

Nous avons rencontré les représentants de la Région

Suite à la publication de notre brochure, le nouveau conseil Régional de Bretagne a souhaité nous rencontrer. Fin Septembre 2004 nous avons ainsi rencontré M MEVEL, Vice président du conseil régional chargé de l’environnement. Lors de cet entretien nous avons évoqué la question de l’articulation des politiques locales et la nécessité d’une meilleure coordination des divers échelons de responsabilité. Nous avons proposé qu’une délégation d’élus régionaux puisse se rendre compte de visu du phénomène d’envasement de la baie. Une visite sur site devrait être organisée au printemps prochain. Notons néanmoins que le Conseil Général du Morbihan n’a toujours pas manifesté pas en son nom propre d’interet pour l’envasement du site. Près des yeux, loin du coeur, pourrait-on dire! 

E. KERDELHUE

 

Avons nous amélioré notre connaissance de la Baie ?

Le passage obligé de toute démarche technique constructive passe nécéssairement par l’élaboration d’objectifs, de mise en oeuvre technique mais aussi par des études préalables et par un suivi et une analyse critique à postéri. Et c’est sur ces deux derniers points que l’on doit se montrer circonspect.

L’analyse des dragages de Tréhiguier en 1999 effectués par L’UBS (Université de Bretagne Sud) montrait une disparition des sédiments dans le courant. DSBV relevait pourtant qu’aucune étude d’impact n’avait été faite sur les vasières lattérales, là où nous suspections les sédiments de s’être redéposés. En 2001, une mission Radar aéroportée (LIDAR)faisait un relevé topographique des parties émergées à marée basse. On prévoyait un suivi régulier par la même méthode ( tous les 2ans). 3 ans plus tard, malgré nos demandes, les résultats de ces premières mesures ne sont pas connus.

Des vasomètres ont été positionnés sur la partie nord de l’estuaire. Des résultat partiels ( 6mois après ) ont été proposés au comité d’estuaire. Depuis, on retrouve des vasomètres à la côte rejetés par les tempêtes (Bétahon). Certains sont inopérants (Plage de Kervoyal)...Que doit-on penser?

En Janvier 2003 un comité scientifique était chargé de parfaire les données existant sur le Mor Bras. Le projet est présenté par M. Menier de l’UBS à grand renfort de graphiques en couleur au comité d’estuaire. Deux ans après, le sujet n’a jamais été ré-arbordé!

Le 24 janvier 2004, l’ouverture du sas de l’écluse avait pour objectif de dégager l’aval immédiat des portes. Quel type de suivi méthodologique pour cette opération? Mystère...

Ces exemples  montrent l’on est devoir de se montrer vigilants sur le suivi des opérations qui seront entreprises dans les prochain mois, et exiger les comptes rendus des études engagées.

EK

Les Plages de la rive nord aussi.

DSBV l’avait réclamé, le comité d’estuaire vient de le proposer. L’entretien des plages de la rive nord constitue un des objectifs du plan de désenvasement. Selon quelles modalité ? Avec quelle technique ? Quel calendrier ? Ces questions restent ouvertes. Mais le fait que ces objectifs soient mentionnés constituent un élément positif. Il semblerait étant donné le manque de référence technique dans ce domaine, il faille s’orienter vers une phase expérimentale empirique. L’utilisation du rotodévaseur est une possibilité, le piège à sédiment pourrait constituer une alternative intéressante...

Le Chenal Externe.

La nécessité de création d’un chenal externe balisé est un objectif affiché. Les contours de ce chenal sont aujourd’hui connus. Le clapage des sédiments est la technique préconisée. L’incertitude concerne aujourd’hui les volumes à extraire. Suivant la profondeur choisi, c’est entre 100.000 et 300 000m3 de sédiments qui devraient être clapés pour une profondeur variant entre 1,1m et 1,6m sur 150m de large pour une longueur de 5000m. Le site de clapage proposé se situerait au nord ouest de l’île Dumet. L’autorisation de clapage sur ce site est soumis à enquête publique. La procédure n’est pas encore lancée.

 

 

Un Rotodévaseur en service en 2005

La construction d’un rotodévaseur a été approuvée lors de la réunion de la Commission locale de l’eau le 7 décembre. Il interviendra sur notre estuaire à l’automne 2005. De quoi s’agit-il ?

Un chaland mytilicole à faible tirant d’eau de 100m de long et 4m de large est muni, à l’avant d’une fraise agricole qui brasse les sédiments pour les remettre en suspension dans le courant. Il est aussi muni d’un bras qui permettra d’arracher les pieux abandonnés. En amont du barrage, le rotodévaseur, équipé d’une griffe, sera utilisé pour l’arrachage de la jussie (une plante envahissante des cours d’eau). Pour conduire les travaux le rotodévaseur sera conduit par un équipage composé d’un matelot et d’un mécanicien.

Pour être opérationnel à l’automne 2005, l’engin doit être construit au printemps. Un chantier de la Rochelle à d’ores et déjà été retenu. L’investissement de 200 000Euros et l’investissement salarial annuel de 55 000 euros seront supportés par l’IAV. Les premiers sites d’intervention programmés sont le port de Tréhiguier et la cale de Vielle Roche.

L’avis de DSBV.

L’acquisition du rotodévaseur marque la prise conscience de la nécessité d’entretien régulier de l’estuaire, de ses ports sur le long terme. On passe dons de l’ère de la réponse au coup par coup à chaque conflit à une première tentative concrète de planification des actions. Etre propriétaire d’un matériel permet une souplesse d’utilisation. Intervenir au moment des crues pour améliorer la chasse des sédiments deviendra possible ce qui n’est pas possible quand on fait une délégation de travaux à une entreprise extérieure. La polyvalence du matériel permet une approche pragmatique sur plusieurs types d’objectif (remise en suspension de la vase, lutte contre jussie, arrachage des pieux etc.…). La question du devenir des sédiments remis en suspension reste cependant ouverte.

Rotodévasage ou désenvasement à l’américaine cerne-t-on bien la différence ?