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Bulletin
d'information N°11
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Bulletin N°11 : Juin 2004
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Alors, cette vase on l’enlève quand ?
Alors, cette vase on l’enlève comment ?
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Il est légitime à l’heure
actuelle de nous poser ces questions auxquelles nous aimerions
pouvoir vous répondre. Lors du tournoi de pétanque, à la fête de
Belle de Vilaine, au cours du périple de notre exposition dans les
mairies de l’estuaire, on a pu mesurer votre impatience en
matière de désenvasement. Mais nous savons aussi que chaque pas
vers la première pelletée de vase enlevée doit se gagner.
En février, lors du comité d’estuaire,
DSBV a montré sa déception et sa détermination devant le manque d’ambition
des mesures envisagées. Les pêcheurs, quant à eux, ont exprimé
leur colère devant la tentative d’autocurage du sas de l’écluse.
Autant l’an dernier à été riche en décisions, autant cette
année semble être celle du flou…
Aussi nous avons pris la
décision d’interpeller nos nouveaux élus régionaux,
départementaux, notre ancien député et nouveau secrétaire d’Etat
à la mer (M. Goulard), les administrateurs de l’IAV, les élus
européens afin qu’ils se penchent sur le cas de notre estuaire.
La brochure de synthèse "Penestin, Ambon, Damgan, Billiers
...Notre estuaire est envasé" qui retrace l’ensemble de la
problématique de l’estuaire a pour objectif de les renseigner sur
la situation et les inciter à jouer pleinement leur rôle en
faisant adopter les mesures d’ampleur et les budgets nécessaires.
L’envasement n’est pas un problème auquel on peut apporter au
coup par coup une solution locale ! Nos élus doivent en
prendre conscience. Et c’est à nous tous les pousser à agir...
Le Pdt de DSBV
E KERDELHUE
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La Société CREOCEAN a été
chargée de l’étude d’incidence et de devenir des déblais.
Cette étude de 6 mois, à compter de novembre 2003 a pour but de
fournir à l’IAV les arguments techniques pour le dragage et l’évacuation
des déblais. A l’heure actuelle seuls le rapport intermédiaire a
fait l’objet d’une présentation au comité d’estuaire de
Février. DSBV et de nombreux acteurs du comité d’estuaire ont
fait part de leur déception devant le manque d’ambition des
mesures proposées. Que des avis divergents puissent être exprimés
au comité d’estuaire, quoi de plus normal!
Depuis seuls les maires de nos
communes ont été réunis au mois de juin et mis au courant des
avancées du projet. Le fait que le Comité d’Estuaire n’ait pas
été réuni en juin est significatif d’un manque de transparence.
Si l’envasement est bien visible, les débats le concernant
doivent l’être également!
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Créée en 1960, l’Institution
d’Aménagement de la Vilaine gère aujourd'hui le barrage d’ARZAL,
l’usine d’eau de Férel, la voie navigable et bien plus encore
depuis l’adoption du SAGE Vilaine. Son siège technique est situé
à la Roche Bernard. Le conseil d’administration est composé de
12 conseillers généraux des départements Ille et Vilaine (35)
Loire Atlantique (44) et Morbihan (56). Suite aux élections
cantonales de mars dernier la composition du conseil d’administration
de l’IAV est désormais la suivante:
Président
: MAHE Yvon (44)
Vice Présidents
: BROHAN Joseph (56) HAMEL Marcel (35)
Secrétaire:
GAUTIER Michel (35)
Autres membres:
ANNEE Yvette (56), LABBE Joël (56), THOMAS Jean (56), CANONE
Chritian (44), DANIEL Yves (44), MOREAU Charles(44), BOLLE Jean
Michel (35), GABILLARD Martial(35)
La déclaration de
construction du Barrage d’Arzal, datée du 21 décembre 1969
précise que"L’Institution prendra en permanence les
dispositions nécessaires pour maintenir les fonds tels qu’ils
existeraient en l’absence de barrage"(Extrait
de l’article 15)
Comme l’IAV est
maître d’ouvrage des travaux d’aménagement sur la Vilaine, le
vote des administrateurs est capital pour des ambitions véritables
et des budgets conséquents pour le désenvasement de notre baie.
DSBV en leur en adressant la plaquette "Penestin,Damgan,
Ambon , Billiers, l’estuaire de la Vilaine est envasé" a
insisté sur l’obligation faite à l’IAV en matière de
désenvasement. Nous demandons que les attentes des populations de l’aval
du barrage soient enfin entendues. |
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Sans concertation préalable,
l’IAV a décidé dans la matinée du 23 Janvier par marée de
coefficient 97 d'ouvrir les portes de l’écluse avec pour objectif
de curer, à moindre coût, l’aval de l'écluse.
Retraçons la chronologie de l’opération:
A marée haute, un batardeau a
été descendu afin d’entraver l’embouchure du sas. Les portes
de l’écluse ont alors été ouvertes. Le batardeau a été
soulevé à l’aide d’une grue. L’eau s’est engouffrée alors
dans l’écluse. Le dénivelé était 2 mètres et le
bouillonnement dans le sas intense. Un incident s’est produit. La
porte amont s’est mise à vibrer sous l’effet des remous. Pour
diminuer la pression sur l’écluse, les vannes 1 à 5 du barrage
ont été alors ouvertes. Le débit a dépassé 1000 m3/s provoquant
un fort courant dans la zone des mouillages de Vieille Roche.
Plusieurs embarcations de civelliers ont été emportées par le
courant.
Mais le débat est loin d’être
clos...
Les pêcheurs qui n'avaient
pas été avertis ont protesté avec virulence.Les professionnels de
la mer auraient dû être prévenus et le comité d’estuaire
aurait dû être associé à l’élaboration et au suivi d’une
telle opération. L’IAV s’est justifiée au comité d’estuaire
en diffusant une vidéo de l’intervention. Une fois de plus, elle
a agi sans la transparence pourtant demandée dans le SAGE Vilaine.
On nous annonce qu’à la suite de l’opération la vase n’obstrue
plus l’aval immédiat de l’écluse. Où est-elle passée? Quand
faudra-t-il recommencer? Tous les ans? Tous les six mois? Plus
souvent?Un suivi sérieux est nécessaire. M. BROHAN, président du
comité d’estuaire et administrateur de l’IAV a déclaré avoir
été informé après coup. Le fait que le comité d’estuaire
aussi puisse être ainsi court-circuité
montre le peu d'intérêt de l’IAV pour les usagers, les élus,
les représentants des professionnels et des associations.
E. Kerdelhué |
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" L’ambition en
matière de désenvasement se mesurera à la hauteur des budgets
alloués " faisait
remarquer M. François Batard membre du conseil d’administration
de DSBV à nos élus présents en nombre à notre assemblée
générale.
Le port de Vannes a été
désenvasé l’an dernier. 100 000 mètres cubes ont été
enlevés et déposés à terre dont 25000 mètres cubes de
sédiments pollués par des hydrocarbures et des résidus d’antifouling.
Le coût de l’opération est évalué à 2,6 millions d’euros.
(Le télégramme 09/2002)
La plage de La Baule s’offre
215 000 mètres cubes de sable qui sont acheminés depuis
Montoir de Bretagne. Cela représente 200 camions quotidiens pendant
4 mois. 4, 7 millions d’Euros tel est le coût des travaux.
80% de cette somme sera prise en charge par l’état, l’Europe et
le conseil général.
(Ouest
France le 3/01/2004).
Le plan de désenvasement de
notre estuaire propose modestement d’enlever 67000 mètres
cubes de sédiments sains des accès aux ports de l’estuaire
de la Vilaine. Il ne s’agit pas de les entreposer à terre mais de
les remettre en suspension ou au mieux de les envoyer au large.
Aucun budget n’a été à ce jour évoqué.
" J’ai bien
l’intention de rencontrer Roseline Bachelot, ministre de l’environnement
dès cet hiver, afin de lui demander que ce phénomène soit pris en
compte. " affirmait M. Jo Brohan président du
comité d’estuaire en 2002(Ouest France 25/11/2002). Cette
rencontre a-t-elle eu lieu?
M. Allanic directeur de l’IAV
affirmait lui aussi (19 avril 2002). " Les actions
ne pourront être entreprises que dans le cadre d’une coopération
Etat- IAV. " Il ne semble pas pour l’heure que
cette requête ait été entendue. Actuellement, on parle uniquement
d’un financement local (IAV) par le biais d’une taxe minime sur
l’eau. Comment imaginer alors une réelle ambition ? Pour la
reconnaissance du phénomène de l’envasement, il a fallu l’action
soutenue de DSBV. Pour le financement du désenvasement va-t-il
aussi falloir que DSBV lance une souscription ?
E. Kerdelhué |
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Désigné par appel d’offre, le bureau d’étude
CREOCEAN a mission d’éclairer les solutions techniques pour le
plan de désenvasement validé en 2003. CREOCEAN a présenté son
rapport intermédiaire en Février 2004. Nous vous livrons ici l’orientation
proposée. Les opérations se dérouleront en 2 temps: une première
phase d’intervention puis des dragages d’entretien réguliers
pour maintenir l’accès aux infrastructures. Pour la première
phase, les volumes pour les accès aux ports sont estimés à 67 000
mètres cubes. Du point de vue technique CREOCEAN se montre
favorable à un dragage à l’américaine pour les objectifs
Tréhiguier et Vieille Roche. Par contre pour le chenal de sortie du
port de Billiers, il est proposé un clapage des sédiments au large
après séparation des sables et des vases. Les sables ainsi
récupérés serviront au rechargement des plages. Le site de
clapage évoqué se situe à l’heure actuelle au nord est de l’île
Dumet. Cette option n’est pas définitive puisque le clapage est
soumis à autorisation après enquête publique. Le creusement d’un
chenal à la sortie de la Vilaine n’a pas été évoqué lors du
comité d’estuaire de février.
E. Kerdelhué
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Rédigé par l’IAV, le
cahier des charges remis à CREOCEAN mentionne à propos de la
méthode de dragage à l’américaine : ‘’ …Le
Dragage par remise en suspension des sédiments tel qu’il a été
réalisé en 1999 et 2001 apparaît de plus en plus hasardeux compte
tenu des volumes importants en jeu dans cette nouvelle phase d’intervention
et ne semble envisageable que dans la seconde phase d’action
correspondant à un entretien devant faire suite à cette
opération. La destination privilégiée des déblais de dragage
apparaît donc leur immersion sur un site approprié…’’
En proposant une remise en
suspension des vases dans la première phase d’action CREOCEAN ne
répond pas au cahier des charges proposé.
Les seuls avantages de la
méthode à l’américaine sont le coût - qui est de loin
inférieur aux autres techniques - et le contexte réglementaire qui
est moins contraignant que pour le clapage. L’efficacité de la
méthode est, quant à elle, quasiment nulle puisque le
ré-envasement se produit dans les 4 mois qui suivent.
Les mytiliculteurs s’inquiètent
de la remise en suspension de vases profondes pour leur incidence
sur la qualité et l’état sanitaire des coquillages. DSBV a
toujours dénoncé l’incidence du dépôt des vases sur les
littoraux d’autant que le relèvement des fonds à partir de
Penlan ne permet pas une évacuation des vases. Le dragage à l’américaine
est donc un gaspillage d’argent public !
Les techniciens de l’IAV et
de CREOCEAN,défenseurs de cette méthode, prétendent qu’elle ne
peut entraîner un envasement des littoraux car les volumes mis en
jeu sont minimes en comparaison des volumes totaux déplacés chaque
année par le courant. Les études sur lesquelles ils s’appuient
sont des mesures faites dans le courant. Aucun résultat n’est
disponible en ce qui concerne les parties émergées à marée
basse. Pourtant des relevés par avion ont été réalisés en
2001/2002 (mission LIDAR). Les résultats de cette étude ne sont
pas toujours pas disponibles. Difficultés techniques?Manque de
moyens?
E. Kerdelhué
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