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Bulletin N°11

Alors, cette vase on l’enlève quand ? 

Professionnels et associations expriment leur déception 

IAV: Un nouveau conseil d'administration

Ouverture du barrage le 23 Janvier 2004 :
Les raisons de la colère

Le désenvasement à l’étude…

Désenvaser, une véritable ambition ?
Le Dragage à l’américaine : Pourquoi DSBV est contre.
 

Adresse:

DSBV BP11 

56190 BILLIERS

 

Email:

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Baie_Vilaine@tiscali.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bulletin d'information N°11

 

Bulletin N°11 : Juin 2004

Alors, cette vase on l’enlève quand ? 
Alors, cette vase on l’enlève comment ? 

Il est légitime à l’heure actuelle de nous poser ces questions auxquelles nous aimerions pouvoir vous répondre. Lors du tournoi de pétanque, à la fête de Belle de Vilaine, au cours du périple de notre exposition dans les mairies de l’estuaire, on a pu mesurer votre impatience en matière de désenvasement. Mais nous savons aussi que chaque pas vers la première pelletée de vase enlevée doit se gagner.

En février, lors du comité d’estuaire, DSBV a montré sa déception et sa détermination devant le manque d’ambition des mesures envisagées. Les pêcheurs, quant à eux, ont exprimé leur colère devant la tentative d’autocurage du sas de l’écluse. Autant l’an dernier à été riche en décisions, autant cette année semble être celle du flou…

Aussi nous avons pris la décision d’interpeller nos nouveaux élus régionaux, départementaux, notre ancien député et nouveau secrétaire d’Etat à la mer (M. Goulard), les administrateurs de l’IAV, les élus européens afin qu’ils se penchent sur le cas de notre estuaire. La brochure de synthèse "Penestin, Ambon, Damgan, Billiers ...Notre estuaire est envasé" qui retrace l’ensemble de la problématique de l’estuaire a pour objectif de les renseigner sur la situation et les inciter à jouer pleinement leur rôle en faisant adopter les mesures d’ampleur et les budgets nécessaires. L’envasement n’est pas un problème auquel on peut apporter au coup par coup une solution locale ! Nos élus doivent en prendre conscience. Et c’est à nous tous les pousser à agir...

Le Pdt de DSBV

E KERDELHUE

 

 

 

Février 2004 : Professionnels et associations expriment leur déception 
Juin 2004 : Seuls nos maires sont dans la confidence…

La Société CREOCEAN a été chargée de l’étude d’incidence et de devenir des déblais. Cette étude de 6 mois, à compter de novembre 2003 a pour but de fournir à l’IAV les arguments techniques pour le dragage et l’évacuation des déblais. A l’heure actuelle seuls le rapport intermédiaire a fait l’objet d’une présentation au comité d’estuaire de Février. DSBV et de nombreux acteurs du comité d’estuaire ont fait part de leur déception devant le manque d’ambition des mesures proposées. Que des avis divergents puissent être exprimés au comité d’estuaire, quoi de plus normal!

Depuis seuls les maires de nos communes ont été réunis au mois de juin et mis au courant des avancées du projet. Le fait que le Comité d’Estuaire n’ait pas été réuni en juin est significatif d’un manque de transparence. Si l’envasement est bien visible, les débats le concernant doivent l’être également!

 

 

IAV: Un nouveau conseil d'administration

Créée en 1960, l’Institution d’Aménagement de la Vilaine gère aujourd'hui le barrage d’ARZAL, l’usine d’eau de Férel, la voie navigable et bien plus encore depuis l’adoption du SAGE Vilaine. Son siège technique est situé à la Roche Bernard. Le conseil d’administration est composé de 12 conseillers généraux des départements Ille et Vilaine (35) Loire Atlantique (44) et Morbihan (56). Suite aux élections cantonales de mars dernier la composition du conseil d’administration de l’IAV est désormais la suivante:

Président : MAHE Yvon (44)

Vice Présidents : BROHAN Joseph (56) HAMEL Marcel (35)

Secrétaire: GAUTIER Michel (35)

Autres membres: ANNEE Yvette (56), LABBE Joël (56), THOMAS Jean (56), CANONE Chritian (44), DANIEL Yves (44), MOREAU Charles(44), BOLLE Jean Michel (35), GABILLARD Martial(35)

La déclaration de construction du Barrage d’Arzal, datée du 21 décembre 1969 précise que"L’Institution prendra en permanence les dispositions nécessaires pour maintenir les fonds tels qu’ils existeraient en l’absence de barrage"(Extrait de l’article 15)

Comme l’IAV est maître d’ouvrage des travaux d’aménagement sur la Vilaine, le vote des administrateurs est capital pour des ambitions véritables et des budgets conséquents pour le désenvasement de notre baie. DSBV en leur en adressant la plaquette "Penestin,Damgan, Ambon , Billiers, l’estuaire de la Vilaine est envasé" a insisté sur l’obligation faite à l’IAV en matière de désenvasement. Nous demandons que les attentes des populations de l’aval du barrage soient enfin entendues.

 

Ouverture du barrage le 23 Janvier 2004 :
Les raisons de la colère

 

Sans concertation préalable, l’IAV a décidé dans la matinée du 23 Janvier par marée de coefficient 97 d'ouvrir les portes de l’écluse avec pour objectif de curer, à moindre coût, l’aval de l'écluse.

Retraçons la chronologie de l’opération:

A marée haute, un batardeau a été descendu afin d’entraver l’embouchure du sas. Les portes de l’écluse ont alors été ouvertes. Le batardeau a été soulevé à l’aide d’une grue. L’eau s’est engouffrée alors dans l’écluse. Le dénivelé était 2 mètres et le bouillonnement dans le sas intense. Un incident s’est produit. La porte amont s’est mise à vibrer sous l’effet des remous. Pour diminuer la pression sur l’écluse, les vannes 1 à 5 du barrage ont été alors ouvertes. Le débit a dépassé 1000 m3/s provoquant un fort courant dans la zone des mouillages de Vieille Roche. Plusieurs embarcations de civelliers ont été emportées par le courant.

Mais le débat est loin d’être clos...

Les pêcheurs qui n'avaient pas été avertis ont protesté avec virulence.Les professionnels de la mer auraient dû être prévenus et le comité d’estuaire aurait dû être associé à l’élaboration et au suivi d’une telle opération. L’IAV s’est justifiée au comité d’estuaire en diffusant une vidéo de l’intervention. Une fois de plus, elle a agi sans la transparence pourtant demandée dans le SAGE Vilaine. On nous annonce qu’à la suite de l’opération la vase n’obstrue plus l’aval immédiat de l’écluse. Où est-elle passée? Quand faudra-t-il recommencer? Tous les ans? Tous les six mois? Plus souvent?Un suivi sérieux est nécessaire. M. BROHAN, président du comité d’estuaire et administrateur de l’IAV a déclaré avoir été informé après coup. Le fait que le comité d’estuaire aussi puisse être ainsi court-circuité montre le peu d'intérêt de l’IAV pour les usagers, les élus, les représentants des professionnels et des associations.

 E. Kerdelhué

 

Désenvaser, une véritable ambition ?

" L’ambition en matière de désenvasement se mesurera à la hauteur des budgets alloués " faisait remarquer M. François Batard membre du conseil d’administration de DSBV à nos élus présents en nombre à notre assemblée générale.

Le port de Vannes a été désenvasé l’an dernier. 100 000 mètres cubes ont été enlevés et déposés à terre dont 25000 mètres cubes de sédiments pollués par des hydrocarbures et des résidus d’antifouling. Le coût de l’opération est évalué à 2,6 millions d’euros. (Le télégramme 09/2002)

La plage de La Baule s’offre 215 000 mètres cubes de sable qui sont acheminés depuis Montoir de Bretagne. Cela représente 200 camions quotidiens pendant 4 mois. 4, 7 millions d’Euros tel est le coût des travaux. 80% de cette somme sera prise en charge par l’état, l’Europe et le conseil général.

(Ouest France le 3/01/2004).

Le plan de désenvasement de notre estuaire propose modestement d’enlever 67000 mètres cubes de sédiments sains des accès aux ports de l’estuaire de la Vilaine. Il ne s’agit pas de les entreposer à terre mais de les remettre en suspension ou au mieux de les envoyer au large. Aucun budget n’a été à ce jour évoqué.

" J’ai bien l’intention de rencontrer Roseline Bachelot, ministre de l’environnement dès cet hiver, afin de lui demander que ce phénomène soit pris en compte. " affirmait M. Jo Brohan président du comité d’estuaire en 2002(Ouest France 25/11/2002). Cette rencontre a-t-elle eu lieu?

M. Allanic directeur de l’IAV affirmait lui aussi (19 avril 2002). " Les actions ne pourront être entreprises que dans le cadre d’une coopération Etat- IAV. " Il ne semble pas pour l’heure que cette requête ait été entendue. Actuellement, on parle uniquement d’un financement local (IAV) par le biais d’une taxe minime sur l’eau. Comment imaginer alors une réelle ambition ? Pour la reconnaissance du phénomène de l’envasement, il a fallu l’action soutenue de DSBV. Pour le financement du désenvasement va-t-il aussi falloir que DSBV lance une souscription ?

                                                                                              E. Kerdelhué

CREOCEAN : Le désenvasement à l’étude

Désigné par appel d’offre, le bureau d’étude CREOCEAN a mission d’éclairer les solutions techniques pour le plan de désenvasement validé en 2003. CREOCEAN a présenté son rapport intermédiaire en Février 2004. Nous vous livrons ici l’orientation proposée. Les opérations se dérouleront en 2 temps: une première phase d’intervention puis des dragages d’entretien réguliers pour maintenir l’accès aux infrastructures. Pour la première phase, les volumes pour les accès aux ports sont estimés à 67 000 mètres cubes. Du point de vue technique CREOCEAN se montre favorable à un dragage à l’américaine pour les objectifs Tréhiguier et Vieille Roche. Par contre pour le chenal de sortie du port de Billiers, il est proposé un clapage des sédiments au large après séparation des sables et des vases. Les sables ainsi récupérés serviront au rechargement des plages. Le site de clapage évoqué se situe à l’heure actuelle au nord est de l’île Dumet. Cette option n’est pas définitive puisque le clapage est soumis à autorisation après enquête publique. Le creusement d’un chenal à la sortie de la Vilaine n’a pas été évoqué lors du comité d’estuaire de février.

                                                                                                       E. Kerdelhué

Le Dragage à l’américaine : Pourquoi DSBV est contre.

Rédigé par l’IAV, le cahier des charges remis à CREOCEAN mentionne à propos de la méthode de dragage à l’américaine : ‘’ …Le Dragage par remise en suspension des sédiments tel qu’il a été réalisé en 1999 et 2001 apparaît de plus en plus hasardeux compte tenu des volumes importants en jeu dans cette nouvelle phase d’intervention et ne semble envisageable que dans la seconde phase d’action correspondant à un entretien devant faire suite à cette opération. La destination privilégiée des déblais de dragage apparaît donc leur immersion sur un site approprié…’’

En proposant une remise en suspension des vases dans la première phase d’action CREOCEAN ne répond pas au cahier des charges proposé.

Les seuls avantages de la méthode à l’américaine sont le coût - qui est de loin inférieur aux autres techniques - et le contexte réglementaire qui est moins contraignant que pour le clapage. L’efficacité de la méthode est, quant à elle, quasiment nulle puisque le ré-envasement se produit dans les 4 mois qui suivent.

Les mytiliculteurs s’inquiètent de la remise en suspension de vases profondes pour leur incidence sur la qualité et l’état sanitaire des coquillages. DSBV a toujours dénoncé l’incidence du dépôt des vases sur les littoraux d’autant que le relèvement des fonds à partir de Penlan ne permet pas une évacuation des vases. Le dragage à l’américaine est donc un gaspillage d’argent public !

Les techniciens de l’IAV et de CREOCEAN,défenseurs de cette méthode, prétendent qu’elle ne peut entraîner un envasement des littoraux car les volumes mis en jeu sont minimes en comparaison des volumes totaux déplacés chaque année par le courant. Les études sur lesquelles ils s’appuient sont des mesures faites dans le courant. Aucun résultat n’est disponible en ce qui concerne les parties émergées à marée basse. Pourtant des relevés par avion ont été réalisés en 2001/2002 (mission LIDAR). Les résultats de cette étude ne sont pas toujours pas disponibles. Difficultés techniques?Manque de moyens?

                                                                                                           E. Kerdelhué