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Le Barrage d'Arzal
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Barrage se situe a 6 km de l'embouchure de la Vilaine sur le site de la
Vielle Roche entre la commune d'Arzal et la commune de Camoël.
C'est un barrage comportant une digue et 5 portes permettant de
réguler le débit de Vilaine lors des crues
hivernales. Une écluse relie le plan d'eau
à la mer. Cette écluse met en liaison le
réseau fluvial breton et l'océan et permet donc
la navigation entre Redon et la mer. Si on cumule les effectifs du port
d'Arzal Camoël situé juste au dessus du barrage
celui de la Roche Bernard, de Béganne, Folleux ont parvient
actuellement à plus de 2000 mouillages |
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Le
Barrage d'ARZAL a été mis en eau en 1970.
L'Institut d'Aménagement de la Vilaine (IAV) a
été créé pour la conduite
de ce projet. Les objectifs du barrage étaient d'une part,
la protection de la région de Redon contre les crues de la
Vilaine et d'autre part la valorisation agricole des marais de Redon.
L'envasement de la partie maritime, malgré la mise en garde
des mytiliculteurs, avait été honteusement sous
estimé.
Le barrage devait apporter emploi et prospérité
à la Région. Raymond Marcellin
(Député de Vannes et ministre)
annonçait un véritable Eldorado.
30 ans après, l'estuaire de la Vilaine est largement
envasé (25 millions de mètres cubes), Le
développement agricole n'a pas eu lieu dans les proportions
annoncées, la région de Redon est
périodiquement inondée. Les retombées
en terme d'emploi induites par le barrage sont minimes. |

La
pêche à la civelle devant le barrage d'Arzal
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La
civelle est l'alevin de l'anguille. Poussée par le Gulf
stream depuis la mer des Sargasses elle remonte les estuaire de
l'Europe de l'ouest. La pêche à la civelle est une
activité saisonnière dans l'estuaire de la
Vilaine. Durant l'hiver, près d'une centaine de bateaux
munis de tamis viennent pêcher la civelle devant le barrage.
Très lucrative au début des années
1980, les prises de civelles sont en très forte diminution.
Cette pêche est désormais très
réglementée. La civelle
pêchée est principalement destinée au
marché asiatique pour fournir les élevages
d'anguilles chinois. Malgré tout, cette pêche
demeure attractive car la civelle reste bloquée devant le
barrage. On voit alors le ballet des bateaux qui tournent
devant les portes du barrage.
Des conflits d'usage
opposent chaque année les pêcheurs et le
gestionnaire du plan d'eau. L'origine de ces conflits est
invariablement liée aux lâchés d'eau
qui entraînent une surmortalité des stocks de
civelle.
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On
nous annonçait l'Eldorado...
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Les
5 portes du barrage permettent son ouverture. A l'heure actuelle la
gestion de la ressource en eau potable est prioritaire sur les autres
usages...
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L'idée de la
construction d'un barrage dans l'estuaire de la Vilaine remonte aux
années 1930. L'aménagement du cours de la Vilaine
avait pour objectif la protection de la ville de Redon contre les crues
hivernales et aussi le développement agricole des marais de
Redon. De ce plan initial seul le barrage de Redon sera
réalisé. La guerre a interrompu le projet. C'est
au début des années cinquante que le projet
réapparaît. Comme 3 départements (56,35
et 44) sont partie prenante dans la gestion du marais de Redon, le
projet sera de nature interdépartementale. C'est le Vicomte
du Dresnay conseiller général 44 qui sera en
charge du projet.
Trois sites sont
pressentis pour la construction du barrage, Foleux, La Roche Bernard,
et Arzal Camoël. Le projet prévoit une
écluse, le passage d'une route et d'un barrage à
5 portes permettant de réguler le niveau d'eau. Le projet
rencontre une farouche opposition des producteurs de moules qui y
voient une menace pour leurs activités et de M Vignal maire
et conseiller général de la Roche-Bernard qui
voit d'un mauvais œil une route traversant la Vilaine passer
autre part que sur sa commune. Les communes agricoles en
amont du barrages soutiennent le projet. Les autres communes littorales
préfèrent fermer les yeux.Il faut dire que
l'argumentaire développé par l'IABV
mésestime éhontément l'impact
négatif de l'édifice sur l'estuaire.
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Carte
postale du barrage en construction
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La
décision de construire le barrage sur le site d'Arzal
Camoël date du début des années 60. A
cette époque le développement des stations
touristiques de la presqu'île Guérandaise est
important. Or cette région ne dispose pas des ressources en
eau potable pour répondre aux besoins des estivants. C'est
alors qu'apparaît l'idée de se servir du plan
d'eau derrière le barrage pour les besoins en eau potable.
Lors
des études préliminaires l'envasement
était prévu. Le laboratoire chargé des
études note que l'envasement à l'aval du barrage
est inévitable mais qu'il est impossible de
préciser une échelle de temps pour cet envasement.
Jusqu'en 1969, l'IAV et le Ministère de l'Equipement
chercheront à contractualiser qui aura la charge du maintien
des fonds à l'aval du barrage.
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| 30 ans après,
le barrage a été construit. Le
problème des crues à Redon n'a
été que partiellement résolu. Le
développement agricole des marais de Redon n'a pas eu lieu
dans les proportions annoncées. L'usine d'eau du Drezet
fournit 20 millions de mètres de cubes d'eau potable. Un
port de plaisance s'est développé
derrière le barrage. L'envasement moyen de l'estuaire est de
2,5m en moyenne . Les activités de pêche de
mytiliculture sont menacées. L'activité
touristique, bien qu'encore en développement, sera
touchée dans les années qui viennent. Les mesures
pour lutter contre l'envasement prévue n'ont jamais
été prises.
L'estuaire est victime de la marée grise!
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Lors
de la construction du barrage des dispositions contractuelles pour
prévenir l’envasement ont pourtant
été rédigées.
Déclaration
de construction du barrage.
(21
Décembre 1969 Article 15)
L’institution
(IAV)prendra en permanence les dispositions pour assurer le maintien
des profondeurs telles qu’elles existeraient en
l’absence de barrage.
Pendant
30 ans L’IAV a négligé ses obligations.
On mesure aujourd’hui les conséquences de cette
négligence. Les dispositions du SAGE Vilaine, dans la mesure
où les solutions techniques et financières seront
mises en application constituent une réponse aux
problèmes posés. C’est un premier pas
qui vient d’être franchi. Le SAGE Vilaine constitue un cadre
institutionnel grâce auquel le désenvasement
devient possible.
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...Mais
derrière le barrage, il y a de l'eau douce
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En 1968, soit 2 ans
avant la mise en eau du barrage, la construction de l'usine d'eau de
FEREL était décidée. Prévue
pour approvisionner en eau potable la presqu'île
Guérandaise (400.000 habitants), l'usine d'eau produira
bientôt 20 millions de mètres cubes d'eau potable
(soit 1 500 000 habitants).
En même temps
que se développait l'unité de
production d'eau de Ferel, se développait le
tourisme et l'économie résidentielle à
la Baule sur la presqu'île de Guérande
et la presqu'île de Rhuys.
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L'enjeu
principal du barrage
est donc la production d'eau potable.
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| L'IAV est un institut
interdépartemental regroupant les conseils
généraux du 44, 35 et 56. L'IAV a
été créée à
l'occasion de la construction du barrage (1960). L'IAV est gestionnaire
du barrage, du plan d'eau d'Arzal, de l'usine de traitement d'eau de
Férel. Ses compétences se sont
étendues aux voies navigables et bien plus encore depuis
l'adoption du SAGE Vilaine. |
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Les
intérêts des communes de l'estuaire et de leurs habitants ont été
sacrifiés à la production d'eau potable.
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